Spleen Gainsbarrien

Publié le par Philippe Deneuve

Je réécoutais ce soir le Zénith de Gainsbourg. Certaines chansons atteignent des sommets de perversité mais c'est drôle, jamais gratuit. J'aime la fin de carrière d'un artiste ; Gainsbourg n'a jamais été aussi honnête qu'en 1989. Il y avait une liberté de ton qui ferait passer Philip Katerine pour Adamo. Et quelle musique. Les choeurs limite transgenre, les musiciens précis et anonymes, au service de Serge, qui parle plus qu'il ne chante. "Gloomy Sunday", "Aux enfants de la chance", "Les dessous chics" sont à pleurer. J'ai peur pour la liberté d'expression de ce pays, j'ai peur que le politiquement correct ou le résolument marketing prennent le pas sur tout. J'ai peur que l'on fasse des debriefings de rappeurs, des tables rondes de peintres et des Powerpoint pour les comédiens. Bref, ce soir, vous l'avez compris, j'écoutais Serge Gainsbourg dans les rues de Paris désertes et j'étais ému.

"J'aime la fin de carrière d'un artiste." Philippe Deneuve

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